Into the Wild
C’est avec la plus grande appréhension que j’ouvre cette feuille. J’ai peur de dire des choses que je regretterai demain. Et pour ne me laisser aucune chance de revenir en arrière, je publierai ce texte sans le relire dès que j’estimerai m’être purgé.
Parce que c’est bien de ça que j’ai besoin. De me purger, de faire sortir de ma tête et de mon cœur tout ce qui s’y trouve de mauvais et d’impur. Et il y en a, croyez moi. Certains d’entre vous vont me prendre pour un ado en pleine crise. A ceux-là, je conseille de faire un alt+tab et de retourner à leurs occupations. Pour les autres, merci, ou je ne sais quoi de gentil.
Pas que je sois la personne la plus malheureuse du monde, sûrement pas. Je sais qu’ailleurs, on souffre au quotidien pour obtenir ce que j’ai en tendant la main.
Mais chacun son référentiel. Certes, je vis dans un beau pays, dans un bel appart, devant un bel ordinateur, dans une belle vie bien pleine de jolies conventions qui nous font tenir droit.
Et qui nous font regarder devant, bien en face, sans jamais tourner a tête. Sans avoir la moindre de chance de voir l’essentiel, le petit truc qui pourrait nous rendre heureux. De plus en plus, à voir la façon dont on nous traite, dont on me traite (et je ne vise ici personne en particulier, mais un système dans sa globalité), je me dis qu’il suffirait pourtant de pas grand-chose pour me sentir bien.
Il y a quelques semaines, je suis allé au cinéma voir Into the Wild. Et je me suis dit : « C’est ça . Il a raison. Il a compris » Se débarrasser du superflu, et ne garder que l’essentiel : soi-même. Vivre en suivant un pur instinct de conservation. Partir loin, seul, et se vider de tout ce qui nous ronge. Bizarrement, Christopher McCandless avait un gros connard en guise de père. Je suis sorti de ce film profondément bouleversé, et pas uniquement à cause de la fin tragique. Il m’a ouvert les yeux sur ce que je souhaitais au plus profond de moi. Fuir tout ça, ces gens qui m’exploite sans que je puisse opposer la moindre résistance, ce système qui nous oblige à avoir le même job pendant 30, 40, 50 ans, sans jamais avoir la moindre opportunité d’être pleinement heureux. Alors évidemment, on nous offre du bonheur, avec des belles maisons, de jolies familles… Mais ou est la nature dans tout ça ? A quel moment avons-nous le droit de nous lever pour dire « merde, j’existe, et cette vie, c’est pas la mienne ! ». On a perdu toute trace de notre nature. Christopher l’avait compris, et il est parti sur les traces de sa nature, de son lui intime et profond. Le fil ne précise pas s’il l’a trouvé. Mais peu importe la fin, tant qu’on s’en donne les moyens. Moi aussi, j’aimerais partir, seul, avec un sac à dos, sur les routes américaines, et bosser pour survivre, avec juste ce dont j’ai besoin. Mais au fond de moi, j’ai peur de ne jamais trouver le courage de suivre les traces de Christopher. Lui a eu le courage d’attendre la fin de ses études. Moi, c’est aujourd’hui que j’ai besoin de m’en aller. Dans deux ans, j’ai peur que la volonté ne m’ait quitté, que le peu de vrai qui reste en moi ait disparu, et qu’il ne revienne jamais. Je n’ai aps envie de passer ma vie à bosser, et de me retrouver vieux un jour, en ayant rien fait de mon existence. Je ne veux pas quitté cette planète sans en avoir profiter. Et c’est pourtant ce qui arrive à la pluspart d’entre nous. Pourqauoi personne ne prend conscience de cette situation ? Je ne dois tout de même pas être le seul à vouloir vivre vraiment !
Ce soir, je suis tombé sur une photo qui m’a laissé tout con. Une plage en Corse, photographiée de loin. Et je me suis demandé : « Pourquoi on ne prend pas le temps d’y aller, sur cette plage ? Pourquoi seuls les mecs qui ont les moyens de se payer un bateau ont la possibilité d’y accéder, sans vraiment en profiter ? »
Après avoir tout fait pour faire de belles études, pour plus tard pouvoir m’acheter un beau bateau comme le leur, je me dit que si on accède à cette plage en bateau, elle perd toute son essence. C’est a pied que je veux l’atteindre. Avec juste un sac sur le dos. Et si je veux m’y arrêter quelques jours, m’y arrêter. Le temps qu’il faut. Ne repartir que quand j’en aurais puisé l’essentiel.
Au fur et à mesure, je me rends compte que je n’ai rien de méchant à dire, où du moins rien qui ait sa place sur ce blog. J’ai envie de laisser aux personnes à qui je souhaitais m’adresser une chance de remonter dans mon estime. Parce que je sais qu’une fois que je lacherai mes mots, que je leur dirai ce que j’ai en moi, il sera trop tard pour faire demi tour.
Christopher, Richard, ils ont tous les deux trouvé leur paradis. Je me dis que le mien existe forcément quelque part. J’ai juste peur qu’on m’empêche de le chercher.
Merci Hélène pour la photo.
“la personnalité de Chris McCandless était particulièrement complexe : il avait un sens aigu de son domaine privé mais pouvait se montrer convivial ou extrêmement sociable ; il mesurait également les gens à l’aide d’un code moral particulièrement rigoureux.”
“Chris avait toujours été un être motivé, un gagnant qui ne supportait pas d’abandonner un projet qui lui tenait à cœur. Il avait donc une volonté de fer résistant à beaucoup d’épreuves. Têtu, il n’écoutait pas beaucoup les remarques de ses proches qui lui faisaient remarquer son égocentrisme.”
“rejetait souvent ses anciens camarades et ne participait pas aux activités extra-scolaires de son université.”
“Après la remise des diplômes et l’anniversaire de son père, Chris partit. Il n’écrivit pas à sa famille, ne lui téléphona pas et ne la prévint pas de ce voyage qu’il considérait comme l’aboutissement de quatre années de travail stupide. « Je pense que si Chris ne m’écrivait pas c’était qu’il y avait une raison. Il vivait sa vie et en profitait, j’essayais de le comprendre et d’attendre son retour. ”




avril 13th, 2008 at 12:31
Salut diawan !
Je suis tout à fait d’accord avec ce que tu dis au dessus, et je suis actuellement en train de me poser les mêmes questions. Je n’aurai qu’une chose à te dire, si tu à envie et besoin de t’en aller, fait le, tout de suite sans te poser de question, pour ne pas le regretter après.
A+
avril 13th, 2008 at 18:07
Merci pour ton message.
Autre chose: cet article il me donne plus d’espoir qu’autre chose: parce que tout est possible.
Mais pour moi la plage la plus belle du monde n’a que peu d’intérêt si je n’y trouve pas des Hommes. Un paysage peut m’émouvoir, mais toujours moins que de rencontrer des nouvelles personnes.
L’écriture peut aussi être une échappatoire.
avril 25th, 2008 at 2:38
On y est ! Va dire ça à ce con de S… qui croit que la vie c’est ça…
Franchement, j’avais peur aussi, mais je ne me suis jamais sentie aussi qu’à mon retour.
Pars, c’est maintenant ou jamais.
Et moi je te suis !
Bises
Hélène
avril 25th, 2008 at 2:38
” aussi bien “
juin 27th, 2008 at 20:49
[...] sentiment de liberté qui se dégage de ses images et du récit de Pascal. Je l’ai déjà dit ici, je rêve de partir quelque part, n’importe où, partout, et de m’isoler quelques [...]