
C’est un sujet difficile et souvent tabou que celui du handicap, et des différences en général. Par exemple, dans beaucoup d’environnement, le fait de dire “bah tu sais, c’est le noir qui est dans ma classe” passe pour un aveu de racisme. Et pourtant, on peut dire de quelqu’un qu’il est noir -ou arabe, ou asiatique- sans y intégrer la moindre once de racisme. Juste parce que c’est comme ça, y’a des noirs, des arabes et des asiatiques. C’est un fait, alors autant le prendre comme tel au lieu d’en faire un tabou qui du coup ne fait qu’enrayer la situation.
Donc oui, il existe des différence entre les hommes, dont on parle tout de même de plus en plus librement dans les média. On n’a désormais plus peur de faire une campagne de com’ pour le port du préservatif en montrant un couple homo. Et tant mieux. Au début, ça chatouille un peu, il faut bien l’avouer, la majorité du public. Mais c’est comme ça, encore une fois, alors soyons honnêtes.
Je suis donc totalement pour le fait d’intégrer les minorités à des campagnes de com’ qui les concernent, dans la mesure ou c’est fait dans le respect et la tolérance de chacun, et si ce choix est justifié.
Cependant, depuis quelques semaines, l’opérateur téléphonique Simyo diffuse à la télé une pub dans laquelle on voit Pascal Duquenne, l’acteur trisomique remarquable dans le film le Huitième jour (un des films qui m’ont véritablement marqué, d’ailleurs), parler de sa différence, mais d’une façon qui m’a choqué.

On y voit Pascal Duquenne sur une scène de théâtre, dire “Je suis différent, et pourtant je suis comme vous, j’adore téléphoner” (en gros).
Alors loin de moi l’idée d’exclure un handicapé d’une campagne de pub ! Pourquoi pas, si c’est justifié ? Mais là, j’ai franchement beaucoup de mal à comprendre le message que Simyo a voulu faire passer. Parce que ce qui me gêne, ce n’est pas la présence de pascal Duquenne, c’est l’accent mis sur sa différence. Il aurait très bien pu tout simplement jouer le rôle d’une personne téléphonant et vantant les mérite de la marques, ses tarifs etc…Mais là, j’ai du mal à comprendre.
Oui, on peut considérer que les handicapés sont différents, tout en étant comme tout le monde. De là à tout miser sur leur différence, il y a une marge.