Quand on va voir un film de la réalisatrice de Twilight, on s’attend à voir un film digne de la trilogie pour adolescentes. Et malheureusement, pas de surprise.
L’histoire se passe à une certaine époque, dans un certain royaume. C’est pas que je veux faire des mystères, mais on n’en sait pas beaucoup plus. Le village qui abrite l’action est la proie des attaques d’un super loup, et Valérie, une petite blonde adorable et tout comme une héroïne de conte de fée, vit dans la peur avec sa famille et tous les habitants de la bourgade.
Ellipse.
Dix ans plus tard, on retrouve la blondinette, mais avec une poitrine bien plus intéressante. Amoureuse d’un bucheron, elle est promise à un forgeron super sexy que quand il tape sur son enclume, eh ben il est encore plus sexy. Tout se passe bien, jusqu’au jour où la soeur de la demoiselle est tuée à son tour par le grand méchant loup. A partir de là, rien ne va plus, et les habitants décident de se venger en tuant la bête. Dans le même temps, ils font appel à un prêtre spécialisé dans la chasse aux loup-garous. J’vais pas vous spoiler, mais son histoire à lui aussi est totalement lolesque. La chasse à la bête s’engage donc, et on découvrira que tout cela cache des phénomènes plus mystérieux que les apparences pourraient le laisser croire.
Commençons par le bon. Parce que tout n’est pas mauvais. Esthétiquement, le film parvient à nous transporter dans son univers de conte de fée, à mi-chemin entre Alice au Pays des Merveilles (la version de Burton, hein) et Le Pacte des Loups. Plutôt réussi, donc. Les images sont belles, et l’ambiance colorée est digne de ce qu’on peut attendre de l’adaptation d’un conte.
Voilà, c’est à peu près tout.
Passons donc au moins bon. De bout en bout, on est balladé sur un fleuve de mièvrerie, au rythme des regards langoureux et des dialogues enflammés de personnages en proie à des désirs impossibles à assouvir. (Ouais, il m’arrive de faire des phrases construites et tout.)
Les personnages sont pour la plupart des caricatures d’eux-mêmes, entre les amoureux à qui on interdit de vivre leurs idylles, l’exorciste-que-quand-il-crie-tout-le-monde-l’écoute-parce-que-sa-voix-c’est-comme-un-mégaphone, en passant par la mère-grand dans sa version hippie sous acides.
© Warner Bros (je mets les crédits photo maintenant, c’est n’importe quoi…)
Le plus gênant dans cette version moderne du Chaperon Rouge, c’est que Catherine Hardwicke semble avoir voulu tenter une analyse psychologique du personnage principal, en y incrustant des références -volontaires ou non – à l’imagerie de Giono. Alors on peut apprécier la tentative de rendre l’héroïne plus grunge et acidulée que l’originale (oui, on n’a jamais vu le Petit Chaperon Rouge aussi bonne et sexuellement en manque), mais le tout manque de cohérence, et on arrive même à se perdre dans une histoire qui à la base est d’une simplicité totale.
Là où Hardwicke aurait pu signer une toile inquiétante et glauque, proche de l’univers d’un film d’horreur psychologique, elle se contente de saupoudrer l’histoire originelle d’une couche de sucre coloré destiné à séduire les 12-18 en manque d’émotion et aux hormones en effervescence.
Etrangement, c’est sur la fin que le film devient meilleur. Ou moins mauvais, en tous cas. Plus rythmé, et voyant l’apparition de l’histoire du Petit Chaperon Rouge que l’on connaît. Dommage, on aurait aimé que cela débute plus tôt; pour que la sauce prenne.
Ah oui, au fait, tu comprendras mon titre si tu vois le film un jour.










Y’a des blogs comme ça, qui franchissent allègrement la limite entre blog amateur et vrai travail journalistique.




Bob Dobolino