Adieu Monsieur le professeur
Dernier cours de l’année pour Jacques Pasquier, prof d’écriture journalistique et journaliste à Centre Presse. Il nous demande d’écrire un article sur cette fin douloureuse pour tous. Voici le travail de Pierre Chausse (correspondant Nouvelle République), en attendant le mien.
L’écriture au bout de l’ennui
10h32. La porte se ferme. Droit dans son costard, le prof est planté devant le tableau tel un sous officier de l’armée de Terre
un 14 juillet. Il sort ses documents un à un et les aligne sur la table devant lui avec la rigueur d’une personne atteinte du
syndrome de Gilles de la Tourette. Pas névrosé, juste toqué.
10h36. C’est le début du bal des retardataires. Certains sont habituels. Romain ouvre la cérémonie. Il entre et se glisse
au fond de la salle. Pas un sourire, pas un bruit. Quelques minutes plus tard c’est au tour de Karen d’interrompre le cours
et de s’excuser à pleines gencives.
10h42. Le somnifère fait effet. Alors que certains courageux (malades?) essaient de suivre, la majorité d’entre nous
a laché prise. Coline écrit des histoires, Léa et Justine prennent leur petit déjeuner. David ne fait rien.
11h02. Légère agitation dans les rangs. Le rendu des copies tourne à la rigolade. Il faut dire que l’hyper homogénéisation
des notes est parfaite et prête à sourire. Le 12 est de rigueur. On se demande pourquoi. Est ce une référence au département
de l’Aveyron ou est ce pour nous rappeler le désormais obsolète numéro des renseignements téléphoniques? Va savoir.
11h40. La pause. Celle sans laquelle personne ne pourrait survivre. Quelques malins profitent de l’occasion pour s’échapper
définitivement, prétextant un rendez-vous pour un stage ou un cambriolage. Les autres n’ont pas le choix.
La désertion ne peut être totale au risque d’éveiller les soupçons. C’est armés de cafés et de victuailles qu’ils tenteront de
tenir le coup. Ou pas.
12h30. La dernière demi heure est toujours la plus dure. Les dents grincent, les gens s’agacent et certains doivent être
controlés pour ne pas en venir aux mains. Heureusement c’est la fin.
Allez Monsieur P. sans rancune mais qu’est ce qu’il était chiant ton cours!
Photo de TrumpetVine


